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Психологічна енкциклопедія

TOC ou trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive : quelles différences ?

il y a 12 heures
15 min de lecture

Auteur : Ukrainian Psychological Hub · Publié le : 16 septembre 2026 · Politique éditoriale


Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) et le trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive (TPOC, souvent désigné par l’acronyme anglais OCPD) portent des noms proches, mais ils ne décrivent pas le même trouble. Le TOC se définit par des obsessions, des compulsions, ou les deux : des pensées, images ou impulsions intrusives et répétitives peuvent provoquer une détresse importante, tandis que des comportements ou actes mentaux répétitifs sont accomplis pour réduire cette détresse ou prévenir un événement redouté. Le TPOC décrit plutôt un mode durable et envahissant de perfectionnisme, de préoccupation pour l’ordre et les détails, de rigidité et de besoin de contrôle, avec un retentissement sur le fonctionnement personnel, relationnel ou professionnel. Cette distinction est au cœur du diagnostic différentiel. Les deux troubles peuvent aussi coexister chez une même personne.


En pratique, la meilleure question n’est donc pas « cette personne est-elle très organisée ou perfectionniste ? », mais « quel mécanisme produit ses pensées et ses comportements, depuis quand, dans quelles situations, avec quel degré de flexibilité et avec quelles conséquences ? ». Un comportement de vérification, un besoin d’ordre ou un perfectionnisme marqué peut apparaître dans les deux tableaux, mais pour des raisons psychologiques différentes. Aucun signe isolé, aucun questionnaire en ligne et aucune impression de personnalité ne suffisent à poser un diagnostic.


TOC et TPOC : la différence essentielle


Dans le TOC, le noyau clinique est le cycle obsession-compulsion. Une obsession est une pensée, une image ou une impulsion récurrente et persistante vécue comme intrusive, difficile à contrôler et généralement source de détresse. Une compulsion est un comportement répétitif ou un acte mental que la personne se sent poussée à accomplir selon certaines règles, souvent pour réduire l’anxiété, neutraliser une pensée ou empêcher un événement redouté. L’Assurance Maladie décrit ainsi le TOC à partir d’obsessions et de compulsions qui perturbent la vie quotidienne ; les compulsions peuvent être visibles, comme se laver ou vérifier, mais aussi mentales, comme compter, répéter une phrase ou revoir mentalement une scène.


Dans le TPOC, le noyau clinique est un mode de personnalité durable. Il concerne la manière habituelle de travailler, décider, organiser, contrôler, déléguer, gérer les règles et tolérer l’imperfection. Le Manuel MSD professionnel résume ce tableau par une préoccupation persistante pour l’ordre, le perfectionnisme et le contrôle, suffisamment rigide pour ralentir, compliquer ou empêcher l’accomplissement d’une tâche. Une revue clinique de Pinto, Teller et Wheaton décrit de la même façon un pattern chronique de perfectionnisme excessif, de préoccupation pour l’ordre et les détails et de besoin de contrôle, avec des effets possibles sur le fonctionnement (Pinto et al., 2022).


La différence est donc structurelle. Dans le TOC, on cherche le lien entre une obsession, une menace perçue, une détresse et une réponse compulsive. Dans le TPOC, on cherche un style persistant de standards rigides, de contrôle et de perfectionnisme qui traverse plusieurs domaines de la vie.


Ce qu’est une obsession, et ce qui ne l’est pas


Dans le langage courant, « être obsédé par » peut simplement vouloir dire être très préoccupé par un sujet. En clinique, le mot obsession a un sens plus précis. Il désigne une expérience mentale récurrente et persistante qui s’impose, revient malgré les efforts pour l’écarter et s’accompagne souvent d’anxiété, de dégoût, de culpabilité ou d’un sentiment d’urgence.


Une personne atteinte de TOC peut, par exemple, être envahie par la pensée qu’elle a mal fermé une porte, qu’elle pourrait contaminer un proche, qu’elle pourrait être responsable d’un accident, qu’une pensée moralement choquante révèle quelque chose sur elle ou qu’un objet « mal » positionné annonce un danger. La compulsion qui suit peut être une vérification, un lavage, une demande de réassurance, une répétition, un comptage ou un rituel mental. La fonction de la compulsion compte davantage que sa forme : elle vise à faire baisser une détresse, à obtenir une certitude impossible ou à neutraliser une menace.


Dans le TPOC, une personne peut également penser longuement aux détails, aux règles, à l’ordre ou à la qualité d’un travail. Ces préoccupations ne constituent pas automatiquement des obsessions au sens du TOC. Elles peuvent relever de standards personnels rigides, d’une exigence de contrôle ou d’un perfectionnisme qui organise la conduite générale. C’est précisément pourquoi le contenu apparent d’une pensée ne suffit pas : deux personnes peuvent vérifier dix fois un document, l’une pour neutraliser la peur intrusive d’avoir causé un dommage, l’autre parce qu’elle estime qu’un travail n’est acceptable que s’il respecte un standard extrêmement élevé.


Ce qu’est une compulsion, et pourquoi le mot « compulsif » prête à confusion


Le terme « compulsif » figure dans les deux noms, mais il n’a pas exactement la même fonction conceptuelle.


Dans le TOC, une compulsion est reliée à une obsession ou à une règle interne ressentie comme difficile à ne pas suivre. Elle peut être destinée à diminuer l’angoisse, à empêcher une catastrophe imaginée ou à obtenir un sentiment de complétude. La personne peut reconnaître que le rituel est excessif tout en se sentant incapable de résister durablement. Le diagnostic de TOC tient compte du temps occupé, de la détresse et du retentissement fonctionnel. L’Assurance Maladie rappelle notamment que des pensées ou rituels occasionnels ne suffisent pas à caractériser un TOC : l’évaluation porte sur la sévérité, la souffrance et l’impact sur la vie.


Dans le TPOC, il n’est pas nécessaire de retrouver ce cycle obsession-compulsion. La personne peut avoir un comportement répétitif, scrupuleux ou très contrôlé sans effectuer un rituel destiné à neutraliser une obsession intrusive. Le problème peut se manifester par une incapacité à terminer une tâche parce qu’elle n’est jamais jugée assez parfaite, une difficulté à déléguer à moins que l’autre ne suive exactement la bonne méthode, une fixation sur les listes ou procédures, une rigidité morale, une forte économie des ressources ou une difficulté persistante à s’adapter lorsque le plan prévu change.


Ainsi, « compulsif » dans le nom TPOC ne signifie pas qu’une personne doit présenter les compulsions typiques du TOC.


Le perfectionnisme : un point de rencontre qui cache deux mécanismes


Le perfectionnisme est probablement l’une des principales raisons de confondre TOC et TPOC.


Dans le TPOC, le perfectionnisme peut être central et généralisé. La personne peut imposer des critères si élevés qu’ils nuisent à l’efficacité elle-même : recommencer, retarder, contrôler excessivement, corriger des détails marginaux ou refuser de déléguer parce que le travail d’autrui ne correspond pas à ses standards. Le perfectionnisme s’intègre alors à un ensemble plus large de rigidité et de contrôle.


Dans le TOC, un comportement qui ressemble à du perfectionnisme peut être alimenté par une logique obsessionnelle. Une personne peut relire un message jusqu’à épuisement parce qu’elle craint d’avoir écrit quelque chose d’offensant ; aligner des objets jusqu’à obtenir une sensation exacte de « justesse » ; recommencer une action parce qu’une pensée intrusive est apparue pendant son exécution ; vérifier un document pour atteindre une certitude totale quant à l’absence d’erreur. L’apparence extérieure peut être perfectionniste, mais le moteur est le doute obsessionnel, la menace perçue, la responsabilité excessive ou la nécessité de neutraliser l’inconfort.


Un perfectionnisme élevé n’est par ailleurs ni un diagnostic de TOC ni un diagnostic de TPOC. Le passage d’un trait à un trouble clinique dépend d’un ensemble de critères, notamment la persistance, la rigidité, la détresse et l’altération du fonctionnement.


Rigidité et besoin de contrôle : pourquoi ils orientent davantage vers le TPOC


La rigidité est particulièrement informative lorsqu’elle dépasse une situation précise et devient une manière habituelle de fonctionner. Dans le TPOC, le besoin que les choses soient faites d’une certaine manière peut apparaître dans le travail, la vie domestique, les relations, les décisions financières, les règles morales ou l’organisation du temps. Le contrôle ne sert pas seulement à réduire une peur obsessionnelle ponctuelle : il devient une stratégie générale pour rendre le monde conforme à des standards personnels.


Cette rigidité peut provoquer des conflits interpersonnels. Une personne peut avoir du mal à tolérer qu’un collègue, un partenaire ou un proche choisisse une autre méthode pourtant efficace. Elle peut consacrer tellement d’énergie à la procédure que l’objectif initial devient secondaire. Elle peut aussi éprouver une difficulté marquée à changer de plan, à accepter une solution « suffisamment bonne » ou à laisser une autre personne prendre en charge une tâche.


La CIM-11 a profondément modifié la classification des troubles de la personnalité. Elle privilégie une approche dimensionnelle : le clinicien évalue d’abord la présence et la sévérité d’un trouble de la personnalité, puis peut préciser des domaines de traits. Le domaine d’anankastie correspond notamment à une focalisation rigide sur des standards de perfection, sur ce qui est juste ou incorrect et sur le contrôle de soi, d’autrui ou des situations. Une revue de cadrage consacrée à ce passage de l’ancien diagnostic anankastique au modèle de la CIM-11 souligne que ce domaine recouvre une part importante des traits traditionnellement associés au TPOC (Gecaite-Stonciene et al., 2021).


« Ego-dystonique » contre « ego-syntonique » : un repère, pas une règle absolue


Une formule souvent répétée affirme que le TOC serait « ego-dystonique », c’est-à-dire ressenti comme étranger, indésirable ou incohérent avec soi, alors que le TPOC serait « ego-syntonique », donc vécu comme raisonnable et conforme à ses valeurs. Cette distinction peut aider à comprendre certains cas, mais elle devient trompeuse lorsqu’on en fait un test diagnostic.


Beaucoup de personnes atteintes de TOC savent que leurs obsessions ou rituels sont excessifs. Certaines disent clairement : « Je sais que cela n’a pas de sens, mais je ne parviens pas à ne pas vérifier. » Pourtant, le niveau d’insight varie. L’Assurance Maladie indique qu’une minorité de personnes présentent une faible reconnaissance du caractère problématique de leurs symptômes. Les descriptions cliniques modernes admettent donc que le TOC peut exister avec un insight bon, limité ou parfois absent.


Inversement, une personne présentant un TPOC ne vit pas nécessairement tous ses traits comme confortables ou souhaitables. Elle peut souffrir des conséquences de son perfectionnisme, de conflits répétés, d’une surcharge de travail ou de l’impossibilité de se détendre, même si elle continue à juger ses standards nécessaires ou corrects.


Le rapport subjectif au symptôme apporte donc une information utile, mais le diagnostic exige une évaluation beaucoup plus large.


Temporalité : épisodes obsessionnels contre mode durable de personnalité


Le TOC peut commencer dans l’enfance, l’adolescence ou au début de l’âge adulte, et son intensité peut varier au cours du temps. Les thèmes obsessionnels peuvent changer, certains rituels disparaître et d’autres apparaître. Le fil conducteur reste le mécanisme obsession-compulsion et son retentissement.


Le TPOC est évalué comme un mode durable de fonctionnement. Dans le modèle catégoriel traditionnel, il s’agit d’un pattern installé au début de l’âge adulte et présent dans plusieurs contextes. Un clinicien ne conclut donc pas à un trouble de la personnalité parce qu’une personne devient temporairement rigide ou perfectionniste pendant une période de stress, de dépression, d’épuisement ou de forte responsabilité.


Cette dimension temporelle est essentielle. Une question clinique typique consiste à rechercher si la rigidité et le besoin de contrôle étaient déjà présents avant le problème actuel, s’ils se manifestent dans plusieurs domaines et s’ils constituent une manière habituelle d’entrer en relation avec les tâches, les règles et les autres.


La propreté, l’ordre et les listes ne permettent pas de trancher


L’image populaire du TOC comme « obsession de la propreté et du rangement » est réductrice. Un TOC peut porter sur la contamination, mais aussi sur le doute, la responsabilité, les dommages, la sexualité, la religion, la moralité, les relations, la symétrie ou d’autres thèmes. Les compulsions peuvent être invisibles.


De la même façon, un TPOC ne se résume pas à aimer ranger. L’ordre et les détails n’acquièrent une valeur clinique que lorsqu’ils s’inscrivent dans un pattern plus vaste de perfectionnisme et de contrôle et entraînent un fonctionnement rigide ou altéré.


Une personne très ordonnée peut n’avoir ni TOC ni TPOC. Une personne désordonnée peut avoir un TOC sévère. Une autre peut avoir un TPOC sans être particulièrement préoccupée par la propreté. Le diagnostic porte sur l’organisation psychologique et fonctionnelle du problème, pas sur un stéréotype visuel.


Vérifier souvent : même comportement, diagnostic différent


La vérification illustre parfaitement la nécessité d’examiner la fonction du comportement.


Dans un TOC, la personne peut vérifier la cuisinière parce qu’une pensée intrusive revient : « Et si je provoquais un incendie ? » Elle vérifie, ressent un soulagement provisoire, doute de nouveau de sa mémoire, retourne vérifier et renforce progressivement le cycle. La vérification devient une réponse à une obsession et à une intolérance de l’incertitude.


Dans un TPOC, une personne peut contrôler plusieurs fois le travail d’une équipe parce qu’elle estime qu’aucun détail ne doit lui échapper et qu’elle ne fait pas confiance à une méthode différente de la sienne. Le comportement peut être chroniquement lié au perfectionnisme, à la délégation et au contrôle interpersonnel plutôt qu’à une obsession intrusive spécifique.


Chez une même personne, les deux mécanismes peuvent être présents. C’est l’une des raisons pour lesquelles un entretien clinique détaillé est plus utile qu’une simple liste de comportements.


Peut-on avoir un TOC et un TPOC en même temps ?


Oui. Ce sont des diagnostics distincts, mais ils peuvent coexister.


Une revue systématique et méta-analyse portant sur 34 études a estimé qu’en moyenne environ 25 % des personnes incluses avec un TOC présentaient également un TPOC, tout en concluant que les deux conditions constituent des entités cliniques distinctes (Pozza et al., 2021). Une autre méta-analyse, portant plus largement sur les comorbidités du TOC et retenant de grands échantillons diagnostiqués avec des méthodes standardisées, a trouvé chez les adultes une prévalence groupée du TPOC d’environ 17 %, avec une forte hétérogénéité entre études (Sharma et al., 2021).


Ces chiffres ne se contredisent pas nécessairement : les critères d’inclusion, les populations, les méthodes d’évaluation et la définition temporelle de la comorbidité diffèrent. Ils montrent surtout qu’une association existe sans transformer les deux troubles en une même maladie. La majorité des personnes ayant un TOC ne présentent pas nécessairement un TPOC, et un TPOC peut exister sans TOC.


Comment un clinicien fait-il la différence ?


Le diagnostic différentiel ne repose pas sur un mot-clé ou un seul symptôme. Il reconstitue le fonctionnement global.


Pour le TOC, le clinicien recherche des obsessions et des compulsions, leur fréquence, leur durée, leur fonction, les évitements associés, le degré de détresse et le retentissement. Il examine ce que la personne redoute si elle ne réalise pas le rituel, ce qu’elle cherche à neutraliser, la manière dont le soulagement intervient et la vitesse à laquelle le doute revient. Des échelles comme la Yale-Brown Obsessive Compulsive Scale peuvent aider à mesurer la sévérité, mais un score n’est pas un diagnostic à lui seul.


Pour le TPOC, l’évaluation porte sur un pattern beaucoup plus large : perfectionnisme, préoccupation pour les règles ou détails, rigidité, contrôle, capacité à déléguer, rapport au travail, aux standards et aux erreurs, flexibilité interpersonnelle et conséquences dans plusieurs contextes. Le clinicien cherche aussi à savoir depuis quand ce fonctionnement existe et s’il persiste indépendamment d’un épisode aigu.


L’évaluation doit également exclure ou prendre en compte d’autres explications. De la rigidité, des routines ou un perfectionnisme peuvent apparaître dans d’autres troubles ou contextes, notamment certains troubles anxieux, troubles du spectre de l’autisme, troubles des conduites alimentaires, épisodes dépressifs, situations de stress chronique ou stratégies de compensation. Une pensée répétitive peut être une obsession, une rumination dépressive, une inquiétude anxieuse ou autre chose. La catégorie dépend de la phénoménologie complète, pas seulement du thème de la pensée.


Un trait obsessionnel ou perfectionniste n’est pas un trouble de la personnalité


La personnalité humaine comporte naturellement des différences de conscienciosité, d’organisation, de goût pour les règles et de recherche de précision. Être exigeant, méthodique ou prudent ne signifie pas présenter un TPOC.


Le terme « trouble de la personnalité » implique un pattern suffisamment durable, rigide et problématique pour altérer le fonctionnement ou produire des difficultés significatives. Dans l’approche contemporaine de la CIM-11, la question de la sévérité du dysfonctionnement de la personnalité précède même la description des traits, ce qui réduit le risque de transformer un simple style personnel en diagnostic.


La même logique vaut pour le TOC. Avoir parfois une pensée intrusive ou refaire une vérification ne suffit pas. Les pensées intrusives sont fréquentes dans la population générale. Le trouble apparaît lorsque le système obsession-compulsion devient persistant, coûteux, difficile à contrôler et cliniquement significatif.


TOC, TPOC et diagnostic en ligne : ce qu’un test ne peut pas décider


Les questionnaires de dépistage ont une utilité précise : repérer des symptômes, estimer leur intensité ou suivre leur évolution. Ils peuvent aider à décider qu’une évaluation professionnelle serait pertinente. Ils ne remplacent pas le diagnostic différentiel.


Un questionnaire centré sur le TOC peut mesurer la fréquence des obsessions et compulsions sans évaluer correctement un mode de personnalité. Un questionnaire sur les traits de personnalité peut repérer une rigidité ou un perfectionnisme sans déterminer si une personne répond aux critères d’un trouble. Le chevauchement de certains mots — contrôle, ordre, répétition, exigence — augmente justement le risque de mauvaise interprétation en auto-évaluation.


Une évaluation clinique utile cherche donc à identifier le mécanisme, la durée, le contexte, la fonction du comportement et le retentissement, puis confronte ces éléments aux critères diagnostiques pertinents.


Pourquoi la distinction change le traitement


La distinction n’est pas seulement terminologique : elle oriente la formulation clinique et le traitement.


Pour le TOC, les traitements disposant de la base de preuves la plus solide comprennent la thérapie cognitivo-comportementale avec exposition et prévention de la réponse (EPR) et, selon la sévérité et la situation clinique, des médicaments sérotoninergiques. L’Assurance Maladie décrit l’EPR comme une exposition graduée aux situations redoutées sans réalisation du rituel. Les recommandations du NICE placent également la TCC avec exposition et prévention de la réponse et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine parmi les traitements de référence du TOC.


Pour le TPOC, la littérature thérapeutique est beaucoup moins développée. Les approches psychothérapeutiques cherchent notamment à travailler la rigidité, le perfectionnisme dysfonctionnel, le contrôle, la flexibilité cognitive et les difficultés interpersonnelles. Une revue récente souligne l’absence d’un traitement empiriquement établi avec le même niveau de certitude que celui disponible pour l’EPR dans le TOC (Pinto et al., 2022). Une revue systématique de la pharmacothérapie n’a trouvé que deux essais randomisés pertinents et juge le niveau de certitude très faible, ce qui ne permet pas de tirer des conclusions fermes sur un traitement médicamenteux spécifique du TPOC (Gecaite-Stonciene et al., 2022).


Lorsque les deux troubles coexistent, la formulation thérapeutique peut devoir traiter les deux dimensions. La présence d’un TPOC n’annule pas le diagnostic de TOC et ne rend pas l’EPR inutile. Elle peut cependant influencer la manière dont la personne aborde les règles thérapeutiques, l’incertitude, la délégation, les standards de réussite ou la relation de soin.


Quand consulter ?


Une consultation est particulièrement pertinente lorsque des pensées intrusives, rituels, vérifications ou actes mentaux prennent beaucoup de temps, provoquent une forte détresse, limitent les activités, perturbent les relations ou entraînent des évitements importants. Elle l’est aussi lorsque le perfectionnisme, le besoin de contrôle ou la rigidité créent de façon répétée des conflits, empêchent de terminer des tâches, rendent la délégation presque impossible ou réduisent fortement la qualité de vie.


En France, l’Assurance Maladie indique que le médecin traitant peut effectuer une première évaluation du TOC et orienter vers un psychiatre ou un psychologue si nécessaire. Pour une suspicion de TOC, il est utile de rechercher un professionnel connaissant spécifiquement les TCC et l’exposition avec prévention de la réponse. Pour un possible trouble de la personnalité, l’évaluation doit couvrir l’histoire développementale et le fonctionnement global, et pas seulement le symptôme qui a motivé la consultation.


Cette page apporte une information générale. Elle ne peut pas déterminer, à partir d’un comportement décrit isolément, si une personne présente un TOC, un TPOC, les deux ou un autre problème clinique.


Questions fréquentes


Le TPOC est-il une forme de TOC ?


Non. Le TPOC et le TOC sont des entités cliniques distinctes. Ils partagent certains phénomènes apparents, comme le perfectionnisme, l’ordre ou la vérification, mais leur architecture clinique diffère. Ils peuvent toutefois coexister.


Une personne atteinte de TPOC a-t-elle forcément des obsessions et des compulsions ?


Non. Le diagnostic de TPOC repose sur un mode durable de perfectionnisme, d’ordre, de contrôle et de rigidité. Les obsessions intrusives et compulsions caractéristiques du TOC ne sont pas nécessaires au TPOC.


Une personne atteinte de TOC est-elle forcément perfectionniste ?


Non. Certains TOC comportent des comportements qui ressemblent à du perfectionnisme, mais le TOC peut aussi concerner la contamination, le danger, la responsabilité, des pensées taboues, la moralité, les relations ou d’autres thèmes. Le perfectionnisme n’est pas un critère universel du TOC.


Le fait d’aimer l’ordre signifie-t-il qu’on a un TPOC ?


Non. L’ordre, la précision ou la conscienciosité peuvent être de simples traits. Un trouble de la personnalité suppose un pattern durable et rigide avec un retentissement significatif sur le fonctionnement.


Peut-on avoir un TOC sans savoir que ses rituels sont excessifs ?


Oui. Beaucoup de personnes atteintes de TOC reconnaissent le caractère excessif de leurs symptômes, mais l’insight varie. Une conviction forte ne suffit donc pas à exclure un TOC.


Peut-on avoir à la fois un TOC et un TPOC ?


Oui. Les études montrent une comorbidité non négligeable. Les estimations varient selon les populations et les méthodes, ce qui justifie une évaluation séparée des symptômes obsessionnels-compulsifs et du fonctionnement de personnalité.


Quel professionnel peut différencier un TOC d’un TPOC ?


Un psychiatre ou un psychologue formé à l’évaluation clinique peut réaliser le diagnostic différentiel. Pour le TOC, une expertise en TCC et EPR est particulièrement utile. Lorsque la question porte sur un trouble de la personnalité, l’évaluation doit être longitudinale et couvrir plusieurs domaines du fonctionnement.


Le traitement est-il le même ?


Non. Le TOC dispose de traitements spécifiquement validés, notamment la TCC avec EPR et certains médicaments. Pour le TPOC, la psychothérapie est généralement centrale, mais la base de preuves est plus limitée et la stratégie dépend davantage du profil fonctionnel de la personne et des troubles associés.


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Références




Assurance Maladie. Traitement du trouble obsessionnel compulsif (TOC). 23 avril 2025.


Diedrich A, Voderholzer U. Obsessive-compulsive personality disorder: a current review. Current Psychiatry Reports. 2015;17(2):2.


Gecaite-Stonciene J, Lochner C, Marincowitz C, Fineberg NA, Stein DJ. Obsessive-Compulsive (Anankastic) Personality Disorder in the ICD-11: A Scoping Review. Frontiers in Psychiatry. 2021;12:646030.


Gecaite-Stonciene J, Williams T, Lochner C, Hoffman J, Stein DJ. Efficacy and tolerability of pharmacotherapy for obsessive-compulsive personality disorder: a systematic review of randomized controlled trials. Expert Opinion on Pharmacotherapy. 2022;23(11):1351–1358.





Sharma E, Sharma LP, Balachander S, et al. Comorbidities in Obsessive-Compulsive Disorder Across the Lifespan: A Systematic Review and Meta-Analysis. Frontiers in Psychiatry. 2021;12:703701.


 
 
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